Compte-rendu de la réunion du 17 juin 2005

     

Préparation des Entretiens européens 2005

 

 

 Présents : Pierre Audigier, Fanny Bazile, Eric Chagneau, Jean-Pierre Chaussade, Marie-Françoise de Kervénoaël, André Ferron, Claude Fischer, Jeremie Forest, Laurent Furedi, Pierre Grison, Jean Masson, Paul Rigny, François Rollinger, Marie-Ange Schilling, Jacques Tamborini, Derek Taylor.

  Excusés : Valérie Bernet, Brigitte Bornemann-Blanc, Hubert Chertier, Christophe Hervé, Marc Giroux, Kaija Kainurine, Jacques de Mereuil, Jean-Guy Devezeaux, Yves Le Bars, Jean-Bernard Servajean, Christina Tapper, Jean-Pierre Vigouroux.

 

A l’ordre du jour :

 

I / Information et consultation du public

II / Les Entretiens européens 2005 

 

I / Information et consultation du public

 

A / La démocratie par référendum : l’expérience du référendum pour la constitution du 29 mai 2005 et la pétition qui circule en Meuse/Haute-Marne pour demander un référendum local

 

Claude FISCHER

Le résultat du référendum sur la Constitution européenne du 29 mai nous a catastrophés et même mis en colère. Il ne faut pas minimiser le vote des Français qui ont exprimé un triple refus d’Europe : refus du changement, refus d’ouverture aux autres, refus du marché. Tout reste à faire, mais un premier enseignement à tirer, c’est que le referendum – quand les citoyens ne sont ni informés ni préparés ni impliqués – était un risque pour l’Europe.

 

Paul RIGNY

Dans les messages entendus, le « oui » n’était pas bon, et n’a pas été susceptible d’emporter l’adhésion. Il n’y a pas eu une réelle dynamique du « oui ».

 

Pierre AUDIGIER

Les deux héros du « oui » sont Jacques Chirac et François Hollande. Aucun des deux n’est crédible.

Ce serait un contresens que de penser que le modèle social français est excellent et qu’il faudrait le transposer, alors que le pays est en proie à des grèves incessantes.

 

Pierre GRISON

Le processus de décision doit progresser si on ne veut pas se retrouver dans la même situation avec le nucléaire qu’avec le référendum sur la constitution. Il faudrait une construction de l’Europe par secteurs ou par coordination entre pays.

Il faut distinguer droit de veto et référendum.


Jean-Pierre CHAUSSADE

Cela traduit l’immaturité française pour le débat public. Elle montre également la confusion qui existe par rapport au débat intérieur.

 

Jean MASSON

Dans un référendum, on a le choix entre une option et « rien ». C’est « oui » ou « non ».

Ceux qui votent « non » n’ont pas à assumer les conséquences de leur choix.

Concernant le référendum sur le Laboratoire de Bure demandé par pétition en Meuse/Haute-Marne, la ligne de défense contre cette pétition a été purement juridique, et cela ne satisfait ni les populations, ni les élus, et n’a aucune portée politique.

Ce référendum local ne vise qu’à s’opposer au projet, pas à construire.

Si les élus sentent qu’il y a un risque, ils vont se ranger du côté de leur population.

 

Eric CHAGNEAU

Il n’y a pas de parallèle entre ces deux référendums, mais on peut ressortir un même principe : les tenants du « non » sont les mêmes noyaux durs (ATTAC, Confédération paysanne, …).

On va tous travailler à ce que le Débat public soit le meilleur possible.

On assiste à l’ouverture d’un nouveau lieu de débat public, à une nouvelle forme de débat : Internet. Il y a une explosion de forums, blogs, etc. mais cet espace est principalement investi par les opposants.

 

Marie-Françoise DE KERVENOAEL

On « détricote » 50 ans de construction européenne. Cela risque de remettre en cause la PAC et le Parlement de Strasbourg.

Faire valoir quelques idées attractives telles l’éducation, les infrastructures, le nucléaire et la solidarité serait positif.

 

Jacques TAMBORINI

En Suisse, ils sont en train de mettre un système en place et ont supprimé le recours au référendum local. Le modèle est fédéral et non local.

 

Claude FISCHER

Lors des Entretiens, je ne veux pas que l’on fuit les questions du référendum et du droit de veto. Il faut du débat, certes, mais il est quasiment impossible entre les « oui » et les « non ».

Le référendum demandé en Meuse/Haute-Marne ne me semble pas le summum de la démocratie. 20 000 signatures ont déjà été collectées. C’est beaucoup. Il faut commencer à réfléchir aux conséquences que peut avoir la pétition pour un référendum en Meuse/Haute-Marne : cela peut former une base pour des campagnes nationales, avec pour perspective 2007. Si la pétition atteint les 50 000 signatures, il sera difficile de s’y opposer. Pourquoi ne pas reprendre l’offensive en centrant les questions et la consultation des populations sur les projets ?

Il faut continuer les débats sous toutes ses formes, sur des finalités et sur des questions partagées. La démocratie, c’est l’articulation entre le débat de fond et des options, des projets,…

 

Fanny BAZILE

On n’échappera pas à la démocratie participative. Il est nécessaire de débattre des questions plutôt que se faire imposer des choix. Il ne faut pas redouter le débat, mais plutôt multiplier les témoignages, les retours d’expériences.

Comme le disait Jacques Tamborini, l’expérience des Suisses qui reviennent sur le référendum local n’est pas anodine.

 

François ROLLINGER

Il me paraît important de développer les mécanismes de la démocratie représentative et participative dans les tables rondes. A ce sujet, le colloque de « Vraiment durable » était intéressant.

La consultation directe doit avoir lieu au cœur d’un débat permanent, et nécessite un travail par étape. Il y a des phases à respecter (cf. COWAM). Un référendum est la conclusion d’un débat.

 

André FERRON

La deuxième table ronde pourrait s’articuler autour du problème : comment les gens participent aux choix, quelle est la meilleure solution. On y proposerait de faire mieux que le référendum et passerions à l’offensive.

 

 

B / L’information de la population au niveau local en Meuse/Haute-Marne

 

Jean-Pierre CHAUSSADE

Au niveau local, on est confronté à une forte présence des opposants. Le travail auprès des élus et de la population se fait dans une grande désinformation sur tous les sujets concernant l’énergie. Nous n’occupons pas du tout le terrain. Comment pourrait-on mieux s’impliquer au plan local pour mieux participer au débat ?

 

Jean MASSON

Les habitants de Meuse/Haute-Marne ont été très informés, au porte à porte, au début du projet de Laboratoire par l’Andra qui a fait un gros travail de terrain. Il fallait une acceptation des élus pour que l’Andra s’installe. Mais actuellement, l’Andra s’est recentrée sur son travail industriel. Le CLIS est resté dans ses murs et les échanges se déroulent entre ses membres. Les élus s’en sont écartés. C’est pour cela qu’il y a eu une demande de la part des élus pour les Entretiens européens.

Il faudrait pouvoir répondre à Jean-Luc Bouzon et aux signataires de sa pétition.

Il pourrait être intéressant de réfléchir à la création d’une association « pro-Bure » : car il faut des personnes sur place, et en permanence. Des personnes connaissant bien le sujet, et capables de le vulgariser, de s’exprimer devant les élus locaux et tous ceux qui pourraient être demandeurs. Une telle information, qui pourrait émaner de deux ou trois personnes pendant deux ans, aurait de grandes répercussions. Les opposants ne contrecarreront pas chaque semaine un auditeur, surtout s’il est peu connu et que les médias ne sont pas présents.

Bruno Comby (AEPN) nous dit qu’il est pour s’exprimer le plus souvent possible.

Il n’y a pas vraiment de milieu étudiant qui pourrait être le relais de l’information, ni d’industrie capable de le faire. Cela serait à créer de toute pièce.

 

André FERRON

La présence de deux ou trois personnes localement mettrait celles-ci sur une position défensive s’il n’y a aucun projet derrière.

 

Laurent FUREDI

La présence sur le terrain est importante. Mais qui seraient les meilleurs acteurs ?

 

Jean-Pierre CHAUSSADE

Il faut donner un signe sur le plan local que l’on est présent pour répondre aux interrogations et aux inquiétudes. Il faudrait assurer une permanence de l’information et mener la bataille politique. Il faut une présence : 2 ou 3 personnes présentes ne serait-ce que pendant les 3 mois pour le Débat public donneraient un signe comme quoi on a bien entendu les conseillers municipaux et généraux, et qu’on les respecte.


Claude FISCHER

La personne qui se rendrait en Meuse/Haute-Marne devra à la fois avoir la connaissance, le recul, le courage politique et la force de persuasion. Politique et technique doivent être mieux  imbriquées. Mais André Ferron a raison : cela ne remplacera pas le travail des acteurs et leur responsabilité pour s’engager sur des projets plus concrets.

 

Pierre GRISON

Augmenter l’information est insuffisant. Il faut plus que du technique. Il est nécessaire de faire avancer le local, d’engager une dynamique positive.

 

Paul RIGNY

Il ne faut pas négliger l’importance et l’efficacité des forums sur Internet et investir plus ce support d’informations.

 

Laurent FUREDI

Concernant les blogs, 95% d’entre eux sont « anti », et je ne pense pas que créer un blog « pro » aura un gros impact.

 

 

C / Un besoin d’information mis en évidence par le rapport de Philippe d'IribarnE

Philippe d’Iribarne, Ingénieur général des Mines et Directeur de recherche au CNRS, a rendu en avril 2005 un rapport sur « les Français et les déchets nucléaires » au Ministre délégué à l'Industrie. Menée entre avril 2004 et mars 2005, l’étude dont rend compte ce rapport repose sur une enquête ayant conduit à interroger 110 personnes dans toute la France (NDLR : le rapport est disponible sur le site des Entretiens : Documents utiles – Enquêtes d’opinion).

 

Jean MASSON

Je trouve le choix du découpage des critères de l’opinion dans le rapport de Philippe d’Iribarne arbitraire. J’ai été plutôt déçu par sa conclusion, que j’ai trouvée trop facile : ne pas prendre de décision, et surtout pas définitive. Il dit qu’il faut attendre.

 

Jean-Pierre CHAUSSADE

C’est le regard d’un sociologue sur le sujet. Il est donc, obligatoirement, subjectif, mais n’oublions pas que nous avons à faire à un grand sociologue, professionnel.

Je lis la conclusion d’une autre manière. Il nous dit que l’homme ne peut pas accepter qu’on lui dise : « j’ai votre solution définitive pour 10 000 ans ». Il faut plutôt dire que nous sommes des ingénieurs, que nous prendrons le maximum de garanties, qu’il y aura une surveillance, que la solution n’est pas complètement définitive, mais que c’est la meilleure solution.

 

Laurent FUREDI

Pour son étude, il a utilisé un panel de 110 personnes, ce qui est énorme pour une telle étude. Il ne faut pas la sous-estimer.

 

Claude FISCHER

Sans sous-estimer le rapport d’Iribarne (qui devra être lu et restitué dans la Lettre des Entretiens) celui-ci minimise les peurs des populations, qui veulent bien qu’on gère ou même qu’on stocke les déchets mais « pas dans leur jardin ». Nous nous inscrirons dans le Débat public avec notre propre expérience après Nogent et Bar-Le-Duc : il faut informer mais surtout travailler aux conditions à réunir pour que les différentes parties prenantes s’engagent sur des projets mobilisateurs, une condition pour maîtriser les peurs locales.

 

 

II / Les Entretiens européens 2005 : projets de contenu et d’organisation

Avec cette troisième édition, il s’agit d’examiner l’opportunité que représentent les Laboratoires de recherche pour créer des activités nouvelles portées par les producteurs de déchets qui développent des technologies dans toute la filière énergie.

 

A / Les énergies renouvelables en Meuse/Haute-Marne et activités nouvelles dans la filière « déchets nucléaires »

 

Claude FISCHER

Parmi les projets envisageables, les Energies renouvelables sont d’intérêt national et les producteurs de déchets peuvent faire bénéficier de leurs recherches et technologies les départements concernés. Les Energies renouvelables sont créatrices d’emplois, de formations, … Cela trouverait sa place dans la première table ronde. En gardant la valeur ajoutée européenne.

 

Paul RIGNY

Il faudrait creuser la possibilité de faire de la biomasse dans les régions Champagne-Ardennes et Lorraine, très agricoles et avec des massifs forestiers.

 

Pierre GRISON

Les énergies renouvelables offrent en effet de grandes possibilités pour les régions agricoles : biomasse (bioénergie, biocarburant) filière bois, … Une distillerie a été récemment construite dans l’Aube pour faire des biocarburants à partir de céréales.

La Meuse/Haute-Marne pourrait être une terre d’excellence pour l’énergie en général, en regroupant les deux bouts de la chaîne, de la production d’énergies renouvelables à la gestion des déchets nucléaires.

 

André FERRON

Pour installer un Laboratoire d’Energies renouvelables en Meuse/Haute-Marne, il n’y aurait pas besoin de faire un grand débat, car tout le monde serait pour. Mais lancer une idée telle que créer un Laboratoire de ce type pourrait avoir un effet pervers, sembler être artificiel, faux et sans avenir.

Il faudrait un lien visible avec les déchets nucléaires, un fil conducteur. Il est important de valoriser Bure dans des partenariats, et de les crédibiliser.

La Meuse et Haute-Marne ont peur de devenir une poubelle. Mais la situation a beaucoup changé depuis l’idée du Préfet Poubelle au 19ème siècle : le ramassage, le traitement, le recyclage des déchets s’inscrit dans une nouvelle conception industrielle où les rejets sont réduits au minimum ; ils nécessitent recherche et technologie. Il faut faire connaître la réalité de l’industrie des déchets, avec la forte recherche, innovation et création. Il faudrait que quelqu’un en parle dans la première table ronde.

Bure est à la pointe de la technique du confinement, de l’isolement de la biosphère. Un secteur « maîtrise du confinement », à l’instar de Cherbourg et sa « maîtrise d’ambiance » pourrait être envisageable.

Les déchets nucléaires sont un problème européen. Les recherches de Bure devraient servir à tous, et permettre de faire baisser les coûts dans ce domaine pour d’autres pays qui se lancent maintenant.

Il faut tisser un lien interactif entre les entreprises, les industries, le Laboratoire et les universités.

 

Jacques TAMBORINI

Avec Morvilliers et Bure, on pourrait avoir un pôle régional.

Mais les riverains du centre de l’Aube (stockage de déchets FMA en surface) n’ont pas du tout les mêmes conditions financières que celles accordées aux Meusiens et Hauts-Marnais. Il faut le prendre en compte.

 

B / Le développement en Meuse/Haute-Marne 

 

Eric CHAGNEAU

Il y a une demande d’accompagnement. Le problème est démographique, social et agricole. Les activités de cette région sont en déclin : textiles, industries, …

Les aspects financiers sont nécessaires pour aménager le territoire.

Les élus locaux voudraient faire du Laboratoire un développement. Mais on ne peut exploiter tel quel, il faut aménager le département.

La Meuse et la Haute-Marne n’ont pas d’atout majeur pour un développement exogène. On peut mettre des infrastructures d’accueil pour rendre plus attractive la région, mais on ne peut pas faire plus. Il est nécessaire d’avoir des projets à long terme, de penser au développement durable. On est dans un espace concurrentiel. Là où le département ne peut pas grand chose, il faut un soutien qui vienne de plus haut.

 

François ROLLINGER

L’enjeu important du développement durable est à débattre lors des Entretiens 2005. Le développement se construit. Il faut de vrais contrats avec les territoires et pas juste « arroser » les départements.

 

Jean MASSON

Dans développement durable, il y a développement : c’est une ambition, une contrainte, que l’on se fixe et pas un simple supplément d’activité. Le développement durable ne se fait pas au niveau local mais pour tous. Il faut un développement classique en plus du développement durable, une croissance basée sur les capacités et l’environnement. Il faut plutôt faire autrement que plus. Le développement, c’est avoir des retours d’expérience de plusieurs secteurs.

 

Fanny BAZILE

Il faut quand même en faire plus.

 

Claude FISCHER

Il faut une croissance d’un autre type.

Il est important de penser le projet de développement sur des durées de 20 à 30 ans. L’exemple du développement de Cherbourg est significatif quand on voit comment le département était il y a 25 ans. On ne peut pas transposer directement cette expérience, mais elle peut servir à améliorer les savoirs-faire, les connaissances.

Les élus ont accepté le Laboratoire avec des accompagnements économiques et sociaux mais on les a laissés seuls. Il faut passer à une logique de partenariat.

Si la Meuse et la Haute-Marne se désertifient, la responsabilité est partagée. Et c’est parce que ce sont des déserts qu’on les qualifie de poubelles.

 

Laurent FUREDI

La recherche nécessite des plates-formes communes.

Il faut faire attention à ce qui se passe en matière de développement durable dans les autres pays, comme la Finlande qui construit toujours ses centres à côté des centrales, ou la Belgique qui a des contrats d’objectifs sur 20 ans avec les communes et où la totalité du budget est donné en début de projet à la commune, qui gère ses finances ensuite. Le stockage sur les sites de production semble plus facile.

 

Pierre GRISON

La réponse doit être régionale, et se construire à chaque niveau. Il faut y aller progressivement.

Un engagement fort des locaux sur ce qu’ils voudraient faire de leur région est nécessaire : on a besoin de porteur de projets.

 

C / Les Entretiens 2005

 

Claude FISCHER

Les Entretiens européens sont partis du bas, de Bruno Sido et des élus sous pression.

Les deux premières années ont été réussies. Je souhaite que nous soyons très offensifs pour les 3ème Entretiens européens.

Il ne faut pas faire l’autruche et répondre aux questions des opposants car ils sont relayés par la presse. La 3ème édition des Entretiens sera sur le développement durable, lui-même lié à la présence et aux activités du Laboratoire, qui doit être vu comme un atout et une opportunité. Les acteurs ont leur rôle à jouer dans la proposition de projets concrets à partir de leurs technologies et savoir-faire. Avec les Entretiens nous voulons voir quelles sont les conditions à réunir pour de tels projets.

 

La 1ère table ronde se pencherait sur les partenariats des acteurs sur des contrats d’objectifs (comme au Canada), l’engagement des acteurs locaux, l’enjeu financier, les partenariats public-privé, la responsabilité des producteurs de déchets, …

Dans la 2ème, on pourrait aborder plus directement les enjeux démocratiques en les reliant à la 1ère table ronde.

 

On s’inscrira dans le Débat public national qui s’ouvre. J’ai participé à la réunion animée par Georges Mercadal, Président de la CPDP le 15 juin. J’ai par ailleurs rencontré AREVA, le CEA, EDF, l’ANDRA, le Gouvernement et la Commission européenne : tous sont d’accord. En octobre, la CPDP organise des auditions dans 5 départements. En novembre, elle organise 3 débats à Caen, Nancy et Aix en Provence. Il ne faudra pas que les réunions se chevauchent avec les Entretiens. Les auditions, effectuées sans question préalable, ne seront pas si simples et les citoyens – qui doivent participer aux débats – ne doivent pas nier leur responsabilité.

 

Nous voulons organiser les Entretiens 2005 à Reims, car les élus sont « partants » et l’université dynamique. Je vais demander à une marque de champagne de nous sponsoriser pour couper court à l’argument des opposants sur sa contamination radioactive.

 

Eric CHAGNEAU

Je rappelle que si les élus de notre région étaient un peu moins partants pour les Entretiens cette année, c’est parce que l’année 2005 est très remplie, avec entre autre le Débat public national, ce qui leur demandera un travail de fond important, auquel il serait difficile d’ajouter un message supplémentaire qui risquerait de brouiller les idées.

 

Pierre AUDIGIER

Lors du colloque du 16 juin du Syndicat des énergies renouvelables, le Ministre de l’Industrie (François Loos) avait l’air de bien connaître le dossier et d’être convaincu.

La façon dont le débat était conduit était intéressante : un médiateur posait des questions précises aux intervenants, quitte à reposer la question s’il estimait que la réponse n’était pas satisfaisante.

 

Jean MASSON

Le débat public doit-il être créateur de projets, et les Entretiens européens des « chevaliers blancs » ? Il ne faut pas tout mélanger et le strict cas de Bure doit être dépassé. Il faudra veiller à ne pas interférer avec les contrats en cours qui se nouent avec les élus, et faire attention en abordant les enjeux du développement à ne pas mener à une confusion des genres.

Concernant le champagne, si les producteurs sont convaincus de l’innocuité de l’industrie nucléaire sur leurs productions, ils vont tenter de retarder au maximum le lien médiatique entre leurs produits et les déchets nucléaires. L’idée de faire sponsoriser les Entretiens par une marque de champagne va être difficile à mettre en œuvre.


Jean-Pierre CHAUSSADE

Les risques dans l’agroalimentaire, réels ou imaginaires, et les craintes des producteurs sont à prendre très au sérieux. La question de l’image est prépondérante dans ce secteur. Par exemple, il y a eu plusieurs demandes pour que le nom de la « centrale de Chinon » soit changé.

Tout risque a pour solution l’assurance. Une telle assurance peut être mise en place assez simplement, comme dans le cas des vignerons du Gard (Chinon, Tricastin).

 

Paul RIGNY

C’est une gymnastique que de concilier ce qui est possible financièrement et techniquement. Derrière, il faut une volonté.

 

Jacques TAMBORINI

Au Canada, Mme Dowdeswell rendra son rapport le 15 novembre. Il sera intéressant à étudier lors des Entretiens 2005.

Les Canadiens ont supprimé de leur vocabulaire le mot « disposal », ils préfèrent utiliser à la place « containment » ou autre. Ils mettent en entreposage en attendant. Leur avantage est la possibilité de faire de l’entreposage à 100 m de profondeur, car ils sont dans le granit. Ils peuvent donc faire un entreposage en profondeur renouvelé.

Dans l’argile, on ne peut se permettre cela, car la couche d’argile se situe à plus de 400 m de profondeur, et proposer un entreposage à cette profondeur ne serait pas crédible.

Pour preuve du manque d’information, je rappelle que la France est le seul pays au monde qui finance et prévoit une surveillance sur 300 ans dans la Manche, et cela est peu connu.

 

Jean MASSON

Il faut parler des contrats, des partenariats, mais sans interférer avec les contrats concrets, car la part de confidentialité dans le projet est  importante.

 

Claude FISCHER

Nous allons proposer les deux tables rondes dans l’esprit de ce que nous avons discuté aujourd’hui.

Dans la première table ronde, nous parlerons des partenariats d’acteurs sur des projets, en lien avec la gestion des déchets.

Dans la seconde, des enjeux de consultation et de participation.

La Lettre n°5 posera les questions et apportera des éléments d’information et de comparaison sur les 2 thèmes.

Un sommaire vous sera proposé avant le 15 juillet.

 

 

III / Prochaine réunion

La prochaine réunion se tiendra le 9 septembre :

Nous solliciterons Anne FALANGA du CEA sur les biocarburants et Patrick BAYLE d’EDF sur la maîtrise de la demande d’énergie.

 

 

 

 

 

 

Haut de la page