Introduction par Claude FISCHER

Claude Fischer, directrice des Entretiens européens -  Je suis heureuse de vous accueillir à cette troisième édition des Entretiens européens, dans cette salle « royale » offerte par la Mairie de Reims, que je veux remercier tout particulièrement.

Ici, pas de protocole et donc pas d’énumération des personnalités présentes, d’autant plus que vous en êtes toutes… multiples acteurs de milieux socioprofessionnels différents, de sensibilités diverses, et surtout de plusieurs pays. Je veux adresser un grand merci à nos amis canadiens (qui ont sans doute trouvé notre climat plus clément alors que pour nous, il a été un obstacle à la participation – sans parler de nos cheminots en grève permanente !) et à nos amis d’Allemagne, de Belgique, d’Italie, de Pologne, de République tchèque, du Royaume-Uni, de Slovénie, de Suède, de Suisse,… qui êtes venus nous faire partager votre expérience ici à Reims.

Il s’agit d’un débat européen qui s’inscrit cette année dans le Débat public national, ouvert par le Gouvernement à la veille du débat parlementaire. Comme chacun sait, 2006 est une étape importante après 15 années de recherches pour une gestion la plus efficace possible des déchets nucléaires les plus dangereux, les HAVL (Haute activité à vie longue). Trois axes de recherche ont été explorés : l’entreposage, la séparation/transmutation, et le stockage géologique.

Nous voulons souligner ici les efforts et les résultats réalisés.

Les Entretiens européens ont été créés pour ouvrir un débat tabou en 2003 : ils ont acquis une crédibilité. Nous avons bien travaillé. Certes nous ne sommes pas devenus des experts scientifiques, mais des experts politiques de la société civile. Est-ce prétentieux de dire cela ? Un groupe de travail mensuel, une lettre semestrielle, un colloque annuel sont organisés. Notre souci est d’informer et de clarifier les enjeux, de sortir du débat franco-français et de contribuer à la décision.

A Nogent en 2003, nous nous sommes penchés sur les choix nationaux dans une perspective européenne, à Bar-Le-Duc en 2004 sur les enjeux économiques.

Cette année à Reims, nous traiterons de deux sujets difficiles : dans une première table ronde, nous étudierons comment associer les citoyens à la décision. Car être pour un stockage, c’est facile en théorie, mais « dans son jardin », c’est plus dur. Et pourtant il faudra bien choisir et assumer nos responsabilités. Et si possible examiner nos propres orientations et stratégies à la lumière de ce qui se fait ailleurs. Pour que la décision soit efficace et durable, il faudra associer les citoyens aux projets. Nous entendrons nos amis européens et canadiens : comment font-ils ? C’est le sujet de notre deuxième table ronde.

L’Andra, les producteurs de déchets – que je remercie d’être présents en tant que partenaires – ont travaillé, informé. Mais il faut aller plus loin. 

Que sera la loi de 2006 ?

Notre ambition est de fixer un cap, de proposer un agenda et de s’y tenir par delà les alternances politiques. Puis travailler à sa réalisation par la recherche et par l’échange international. Quant au choix du site, nous proposons d’inverser la démarche top-down – le Gouvernement propose et les populations disent oui ou non – pour une démarche bottom-up : les populations proposent et le Gouvernement décide in fine.

Je suis persuadée que nos travaux seront fructueux et je donne maintenant la parole à François Lamoureux qui va nous rappeler le rôle de l’Europe, un rôle moteur pour la sécurité et la gestion des déchets nucléaires en Europe, trop méconnu en France.

 

 

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